mercredi 13 janvier 2010

La crise ......en spectacle

Article Journal Le Courrier
Cahier spécial sur l’économie
Mai 09


La crise................en spectacle!

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me sens comme un spectateur de la crise économique présente. Vendredi saint, j’ai une rencontre à 14 h à Laval, sur le boulevard St-Martin. En quittant Boisbriand, j’emprunte l’autoroute des Laurentides, sort à la sortie 440, St-Martin et les autos qui me devançaient freinent brusquement dans la voie de droite...Qu'est-ce qui se passe? Un accident? Mais non, une file de voitures déborde du stationnement du Carrefour Laval.... Le *parking* est plein à craquer...

À la St-Valentin, un souper au resto pour célébrer cette fête de l’amour, j’appelle trois jours d’avance chez Pub City....complet, désolé!
Désolé tu dis, jamais autant que moi...

Centre Bell pour un spectacle?....complet. Martin Matte au St-Denis? Es-tu fou? En 2010 peut-être, des billets d’hockey? Penses-y même pas...
La Cage aux sports peut-être? Jamais les soirs de partie, sinon t’écoutes la *game* à la radio....

Êtes-vous allez dans le Sud cet hiver? Non! Eh bien vous êtes bien les seuls, car les agences de voyages ont battu des records d’achalandage cette année...
Mais dites-moi donc, où est cette crise?

Je ne suis pas dupe non plus. Je lis les journaux, j’écoute la radio et je regarde la télévision pour m’apercevoir qu’il y a effectivement des situations pénibles pour plusieurs. Pertes d’emploi, taux de chômage élevé, réduction de personnel, baisse des ventes, etc.

Ce qui me porte à penser sur l’interprétation de la nouvelle. J’entends, je vois, mais j’en suis détaché. Tant que cette situation ne vient pas cogner à ma porte, ne touche pas mon entourage proche ou n’affecte pas mon environnement confortable, je ne fais que la ...regarder.


Tout comme en 1997 pendant la crise du verglas pour laquelle le monde entier avait les yeux tournés vers nous, que les familles devaient quitter leurs foyers, que l’armée a dû intervenir, qu’Hydro-Québec a demandé de l’aide à nos voisins du Sud, que le centre-ville de Montréal était de près à être déclaré *zone sinistrée*.... et moi à Boisbriand je regardais le spectacle aux nouvelles de fin soirée avec un sentiment de culpabilité, car je n’avais pas manqué une seule seconde d’électricité.

Comme l’expression trop près de l’arbre pour voir la forêt, je peux m’éloigner émotivement de cette crise et n’en sentir aucun effet.

C’est bien pour dire qu’en cherchant un peu on réalise que le mot crise veut tout simplement dire : changement ou transition d’un état pour un autre...Hum!

Comme un changement de scène au théâtre, la mi-temps au football ou un entracte au spectacle.

Comme le beau temps après la pluie, le printemps après un dur hiver, le jeu de la vie et de l’économie nous réapparaitra sous ses beaux atours.

Alors, pas de panique, je prends mes pantoufles, sors ma doudou, prépare mon popcorn au micro-onde et m’installe confortablement. Et surtout ne venez pas me déranger, car je vous tape une de ses crises......



Positivement vôtre,

Jacques Hébert

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